🎓 Niveau : 🟢 Débutant
📋 Prérequis : notions de réseau (adresse IP), notions de système de fichiers
Imagine une petite entreprise de 10 personnes. Chacune stocke ses fichiers sur son propre PC. Résultat : impossible de savoir qui a la dernière version d'un document, rien n'est sauvegardé, et quand un disque dur lâche, les données sont perdues.
Le NAS (Network Attached Storage, « stockage attaché au réseau ») résout ce problème. C'est un boîtier équipé de disques durs, branché sur le réseau de l'entreprise, qui centralise les fichiers à un seul endroit. Tout le monde y accède via le réseau, comme s'il s'agissait d'un dossier partagé. On sauvegarde une seule fois, on protège les données une seule fois, et tout le monde travaille sur les mêmes fichiers.
- NAS (Network Attached Storage) : appareil dédié au stockage de fichiers, accessible par le réseau. C'est un petit ordinateur spécialisé qui ne fait (presque) qu'une chose : servir des fichiers.
- Partage réseau (share) : un dossier exposé sur le réseau auquel les utilisateurs autorisés peuvent se connecter.
- Protocole de partage : la « langue » utilisée pour échanger les fichiers :
- SMB/CIFS (Server Message Block) : standard du monde Windows.
- NFS (Network File System) : standard du monde Linux/Unix.
- RAID (Redundant Array of Independent Disks) : technique qui combine plusieurs disques pour tolérer la panne de l'un d'eux sans perdre de données (voir plus bas).
- Volume : espace de stockage logique présenté à l'utilisateur, construit par-dessus les disques physiques.
- On installe des disques dans le boîtier NAS (2, 4 disques ou plus).
- On configure un RAID pour la sécurité des données. Par exemple le RAID 1 copie les mêmes données sur deux disques : si l'un meurt, l'autre prend le relais.
- On crée des partages (ex.
Comptabilité, Direction, Commun) et on définit qui a le droit d'y accéder (lecture seule, lecture/écriture).
- Les utilisateurs se connectent au partage depuis leur PC via le réseau, en utilisant le protocole (SMB pour Windows, NFS pour Linux).
- Le NAS gère les accès simultanés, les permissions, et souvent les sauvegardes automatiques.
💡 Le RAID n'est pas une sauvegarde ! Il protège contre la panne d'un disque, pas contre une suppression accidentelle, un ransomware ou un incendie. Il faut toujours une vraie sauvegarde externe en plus.
graph LR
PC1[PC Compta] -->|SMB| NAS
PC2[PC Direction] -->|SMB| NAS
PC3[Poste Linux] -->|NFS| NAS
NAS[NAS] --> D1[(Disque 1)]
NAS --> D2[(Disque 2)]
D1 -. RAID 1 miroir .- D2
Tous les postes passent par le réseau pour atteindre le NAS, qui répartit les données sur ses disques selon le RAID configuré.
La PME « Boulangerie Martin » achète un NAS à 4 disques. L'administrateur configure un RAID 5 (les données et un code de contrôle sont répartis sur tous les disques ; on survit à la panne d'un disque). Il crée trois partages :
Commun : accessible en lecture/écriture par tout le monde.
Compta : accessible seulement au groupe « Comptabilité ».
Archives : en lecture seule pour la direction.
Chaque nuit, le NAS copie automatiquement ses données vers un disque USB externe stocké dans un autre bâtiment. Si un disque tombe en panne, on le remplace à chaud, et le RAID se reconstruit tout seul.
- Toujours configurer un RAID adapté (RAID 1 pour 2 disques, RAID 5 ou 6 pour 4+).
- Faire une vraie sauvegarde en plus du RAID, idéalement hors site (règle 3-2-1 : 3 copies, 2 supports, 1 hors site).
- Gérer les permissions par groupe, pas utilisateur par utilisateur.
- Mettre à jour le firmware du NAS régulièrement (failles de sécurité).
- Ne jamais exposer le NAS directement sur Internet sans VPN ou protection.
Croire que « j'ai un RAID, donc je suis sauvegardé ». Faux. Un ransomware chiffrera toutes les données du RAID en même temps.
- Mettre tous les disques du même lot/âge : ils risquent de tomber en panne ensemble.
- Oublier de tester la restauration des sauvegardes (une sauvegarde non testée n'existe pas).
- Laisser les identifiants par défaut (
admin/admin).
- Le NAS centralise les fichiers de l'entreprise sur le réseau, partagés via SMB (Windows) ou NFS (Linux).
- Le RAID protège contre la panne d'un disque, mais ne remplace jamais une sauvegarde.
- On contrôle finement les accès par utilisateur et par groupe.
« Le RAID protège des pannes, la sauvegarde protège des erreurs. » 🔑